Délégationd’Aix-en-Provence

Crise sanitaire

Un soutien bienvenu mais insuffisant

Le soutien financier exceptionnel de l’Etat, annoncé le 13 avril, en faveur des plus précaire laisse de côté des populations entières. Les associations demandent d’étendre et d’augmenter cette aide exceptionnelle à l’ensemble des personnes précaires.

Un soutien bienvenu mais insuffisant

publié en mai 2020

Dans son allocution du 13 avril 2020, le Président de la République a annoncé la mise en place d’un soutien financier exceptionnel aux familles en situation de précarité. Le Secours Catholique se réjouit de cette annonce et remercie les citoyens et les organisations qui ont relayé cet appel et ont permis ainsi cette première victoire. Mais notre appel solidaire ne doit pas faiblir. Le périmètre comme les montants évoqués ne sont pas à la hauteur de nos attentes et du naufrage social qui menace les plus pauvres de ce pays. Le Premier ministre, Édouard Philippe a annoncé le versement, le 15 mai, de 150 euros pour les ménages allocataires du revenu de solidarité active (RSA) et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), ainsi qu’une aide de 100 euros par enfant pour toutes les familles bénéficiant de l’aide au logement. Il est une avancée, mais est loin de répondre à l’ensemble des situations de précarité rencontrées par les équipes du Secours Catholique sur le terrain. Car cette aide exceptionnelle, focalisée sur les familles avec enfants et les allocataires du RSA, laisse de côté des populations entières, elles aussi en situation de précarité : des personnes âgées, souvent impactées par la hausse de la facture alimentaire, des personnes en situation de handicap, des demandeurs d’asile, des étrangers sans papiers et l’ensemble des jeunes précaires de moins de 25 ans, étudiants ou non, qui sont privés de leurs emplois précaires et ne peuvent pas bénéficier du RSA… Qui plus est, le montant annoncé est très insuffisant. Avec 100 euros par enfant pour toute la durée de fermeture des cantines scolaires, l’État ne compense le surcoût pour les familles qu’à hauteur de 2,50 par enfant et par jour. Ce montant ne suffira pas à aider les plus précaires à surmonter l’ensemble des difficultés apparues lors de cette crise sanitaire. Nos associations avaient demandé une aide de 250 euros par personne et par mois, depuis la fermeture jusqu’à la réouverture effective des cantines scolaires. On en est loin.

Les associations demandent d’étendre et d’augmenter cette aide à l’ensemble des personnes précaires

Avec moins d’un milliard d’euros pour les plus vulnérables, contre 45 milliards d’euros débloqués dès le début du confinement en soutien à l’économie, l’État est loin de prendre la mesure de la crise sociale qui couve. Pour faire face à l’urgence, les associations demandent donc au Gouvernement d’étendre et d’augmenter cette aide exceptionnelle à l’ensemble des personnes précaires. Mais il faut aussi se projeter sur la durée, car les privations subies par de nombreuses personnes en précarité résultent d’abord et avant tout de l’insuffisance chronique de leurs revenus. Les minima sociaux ne permettent pas aujourd’hui à chacun de vivre décemment en France.

Le Secours Catholique avec d’autres associations prennent donc date, dès à présent, pour un relèvement rapide et significatif des minima sociaux dès la sortie de cette crise, et l’élargissement du RSA aux moins de 25 ans, qui ne peuvent aujourd’hui compter sur aucun soutien public

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