Délégationd’Aix-en-Provence

Le Secours Catholique sur le territoire d’Aix et d’Arles

L’état de la pauvreté en France et dans notre région

La pauvreté est en augmentation en France et notamment dans notre territoire, comme l’affirme le Secours Catholique Caritas dan son rapport annuel sur l’état de la pauvreté. Pour la première fois, il a étudié la situation des personnes migrantes en France, et grâce à son réseau international, a élargi ce point de situation aux cinq continents . Cette présentation a eu lieu à la délégation le 7 novembre dernier. Hélène Mayer, présidente de la délégation, Claude Philipponneau, trésorier, Maud Bagaria, chargée de mission auprès des personnes migrantes et accès aux droits sont intervenus. Quatre personnes sont venues témoigner de leur parcours et de leur accompagnement par le Secours Catholique.

L'état de la pauvreté en France et dans notre région

publié en novembre 2019

Depuis plus de vingt ans, le Secours Catholique Caritas publie un rapport sur l’état de la pauvreté en France. Ce rapport unique en son genre s’appuie sur les données collectées par des bénévoles sur le terrain de l’extrême pauvreté. Cette année, il s’élargit à d’autres champs de pauvreté grâce à nos partenaires internationaux. Ils partagent leur éclairage sur un sujet important qui nécessite d’être abordé avec calme et raison : les migrations.

Concernant les situations rencontrées par les équipes de la délégation d’Aix-en-Provence/Arles, en 2018, 12 000 personnes ont été accueillies par 700 bénévoles et 7 salariés.

La première demande des personnes qui poussent la porte du Secours Catholique est l’écoute, le conseil et /ou l’accueil. C’est le cas de 90,4 % des personnes dans notre secteur alors que la moyenne nationale est de 61,2 % Cette demande était de 20,1 % en 2013. Être écouté, sans jugement est devenu un luxe ; la fracture numérique empêche nombre de personnes d’avoir accès à leurs droits et la disparition des services publics les prive d’interlocuteurs.

La demande d’aide alimentaire continue d’être importante 62,3 % alors qu’au niveau national, elle est de 51,5 %.

Les femmes seules (27,1 %) et les mères seules (35,7 %), accueillies toujours en plus grand nombre, sont plus fragiles que les hommes (dont l’accueil reste stables en nombre 27,1 %), la moyenne nationale des femmes étant respectivement 18,1 % et 24,7 %. De nombreuses actions sont menées localement pour les aider : alphabétisation, ateliers, accompagnements dans un parcours d’avenir … Laubna, Imen, Rosemarie parlent de leur parcours et de l’accompagnement dont elles ont bénéficié : l’une pour obtenir un micro-crédit ; la seconde, pour expliquer l’élaboration d’un projet d’avenir ; la troisième, retraitée, qui après des difficultés financières, s’insère dans la société et aide les autres en devenant bénévole.

Le taux de chômage des personnes accueillies, bien qu’en baisse, 37,7 % (44 % en 2017), reste supérieur à la moyenne nationale (30,4 %). Les chômeurs demeurent la catégorie la plus vulnérable. La fragilité des chômeurs s’explique par leur profil très précaire. Ils sont souvent des seniors peu qualifiés. Les plus de 50 ans représentent 48,5 % des personnes accueillies pour 28,9 % au niveau national. Les deux situations les plus fréquentes face à l’emploi sont l’inaptitude pour cause de santé 20,1%, 9,2 % moyenne nationale, et la retraite/pré retraite 17 %, moyenne nationale 6,2 %.

Le niveau de vie médian des ménages est de 585 euros, alors qu’en 2013, il était de 567 euros. Peut-on vivre décemment avec cette somme ? Non et pourtant, certaines personnes vivent encore plus mal et n’ont pas de revenu du tout. Ces personnes qui sont accueillies au Secours Catholique ont véritablement besoin d’être accompagnées.

Des différences notables sont à souligner sur les demandes locales d’aides concernant le logement :
- les loyers, factures d’énergies, d’eau, 38,3 %, moyenne nationale 17,3 %,
- les loyers, mensualités d’accession, 69,8 %, moyenne nationale 41,1 %,
- le logement stable 91 %, moyenne nationale 70,3 %.

L’accueil des Français, 82,7 % des personnes reçues, (moyenne nationale 58,5 %), ainsi que la part des personnes de nationalité étrangère, sont restés quasiment stables avec une majorité de personnes originaires du Maghreb 12,2 % alors que les pays d’Afrique subsaharienne, Europe de l’Est, autres se situent entre 2 et 1,4 %, (moyenne nationale respectivement 9,2%, 14,6%, 10,6%). Les pauvres d’ici ne sont pas différents des pauvres d’ailleurs. Dans une vidéo, un couple syrien avec deux filles a accepté de raconter leur départ d’Alep et leur intégration à Arles. Une famille pleine de joie et de projets. ( A voir sur Facebook : secours.catholique.aix.provence.arles ou par ce lien :https://we.tl/t-t2pQZBDO8H

Le Secours Catholique a pour principe d’accueillir tout le monde sans distinction. Français et étrangers, travailleurs ou chômeurs, - toutes les personnes rencontrées par les bénévoles dans la délégation d’Aix-en-Provence/Arles comme celles accompagnées par nos partenaires internationaux, partagent la même aspiration à contribuer et à être protégés. Au Secours Catholique, au niveau national, la part des étrangers parmi les personnes accueillies s’accroit alors que leur nombre n’augmente pas en France. Elle a augmenté de 14 points en PACA en quatre ans (de 40 % en 2014 à 50 % en 2018). Elle est plus élevée qu’au niveau national 43,6 %) alors qu’à Aix, elle est restée stable à 17 %. Voir la vidéo touchante de la famille syrienne installée à Arles :

Contribuer à l’économie et à la vie sociale, c’est leur volonté. Or le manque de considération et d’accès au marché du travail ainsi que leur absence de statut les empêchent de travailler : 52 % des 15-64 ans accueillis sont en inactivité, en forte augmentation depuis dix ans ; parmi eux, 58 % ne travaillent pas car sans statut. Voici les raisons de la pauvreté de la population étrangère. Alors que ces personnes veulent travailler, veulent s’engager ! En l’absence de travail rémunéré, elles font du bénévolat, créent ou soutiennent des activités sportives ou culturelles.

Pourtant, les personnes que nous accompagnons ont véritablement besoin d’être protégées. Beaucoup de préjugés circulent : Étrangers, chômeurs, allocataires des minima sociaux seraient un poids pour la société. Les personnes en situation de pauvreté coûteraient « un pognon de dingue  ». Les personnes exilées « envahiraient » l’Hexagone. Ces préjugés répandus sont infondés : l’Europe n’accueille que 3% des migrants dans le monde, et en France les flux migratoires se caractérisent surtout par leur stabilité. Quant au coût supposé, parmi les personnes accueillies, près de 1 éligible sur 3 des ayants droits au RSA ne le demandent pas et c’est le cas aussi de 29 % des familles concernant les allocations familiales. Les taux de non-recours sont même plus élevés encore s’agissant des personnes étrangères.

Fort de ces constats sur l’état de la pauvreté, le Secours Catholique appelle l’ensemble de la société à changer son regard sur les plus pauvres d’ici, comme d’ailleurs. Il appelle les pouvoirs publics à permettre à chacun de contribuer, en ouvrant notamment le droit au travail à ceux qui en sont privés, et à bénéficier de la protection minimale due à chaque être humain. Partout, en France comme ailleurs, des élans de solidarité viennent pallier les déficiences des pouvoirs publics. Des Français et des étrangers accueillent et sont accueillis, partagent, s’entraident et vivent ensemble. Un signe d’espoir.

Rapport disponible en intégralité sur internet : www.secours-catholique.org

Le quotidien LA PROVENCE a publié un grand article, le 12 novembre 2019, sous la signature d’Aurelie Feris, que vous pouvez retrouver ci-dessus en clicquant sur la petite image de droite.

Imprimer cette page

Portfolio