Délégationd’Aix-en-Provence

Loi asile-immigration

Un projet déséquilibré qui inquiète le Secours Catholique et 20 autres associations

Acteurs du Secours Catholique et de 20 autres associations, tous sont mobilisés pour appeler à sensibiliser les parlementaires afin que soit définie une politique publique tenant compte de leurs propositions, qui sont adaptées aux situations vécues par des personnes migrantes en France.

Tribune du 6 février 2018 dans « Le Monde », signée Véronique Fayet, présidente du SCCF.

publié en mars 2018

Dès le 6 février, dans une tribune sur la situation à Calais publiée par « Le Monde », Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France, condamne la politique absurde que mène le ministre de l’Intérieur, la qualifiant de triple aveuglement qui mène au chaos.

Le premier aveuglement : « zéro migrant »
La présence des migrants à Calais est une donnée à prendre en compte pour y apporter une réponse pragmatique, en organisant et en offrant un abri temporaire, un accueil a minima pour que les exilés puissent être traités humainement, mis en sécurité, en confiance, et être orientés utilement.

Deuxième aveuglement :
Le ministre de l’Intérieur prétend que Calais n’est plus le lieu de passage pour la Grande-Bretagne. Tant que les accords du Touquet n’ont pas été renégociés et qu’il n’y a pas de voie légale pour atteindre l’Angleterre, les exilés continueront de venir à Calais et de payer les filières mafieuses.

Troisième aveuglement :
Le ministre demande aux exilés de se rendre dans les centres d’accueil pour que leur situation soit examinée. Très bien, mais pour aller où ? Ceux qui veulent se rendre en Grande-Bretagne ne le peuvent pas, ceux qui voudraient rester en France ne le peuvent pas, et doivent revenir dans le pays européen où leurs empreintes digitales ont été prises !

La voie répressive et policière proposée comme seule réponse par M. Colomb emmène tout le monde dans une impasse.

Il est temps que le président de la République et les parlementaires en prennent conscience : la politique menée à Calais par le ministre de l’Intérieur mène tout droit au chaos.

Le 21 février 2018, le Secours Catholique avec 20 associations ont rédigé un communiqué commun pour faire part de leur position sur le projet de loi asile-immigration.

Certaines mesures sont positives, comme l’accès à la carte de résident des parents d’enfants bénéficiaires d’une protection internationale, ou encore, l’extension à quatre ans de la carte de séjour pluriannuelle pour les bénéficiaires d’une protection subsidiaire.

Mais ce texte contient principalement des mesures qui vont dégrader la procédure de demande d’asile et l’accompagnement social proposé par les associations, dans un contexte où l’ensemble des demandeurs d’asile ne pourra être hébergé, faute de places suffisantes :
- en raccourcissant les délais d’examen des demandes d’asile qui s’effectue principalement au détriment du demandeur.
- en renforçant les mesures directives et l’instauration d’un contrôle des préfectures avec le risque d’une confusion générale et la dégradation du travail des acteurs sociaux dans l’accompagnement pour l’accès aux droits.
- en développant à outrance des mesures de contrôle, sous le prétexte de renforcer l’efficacité des mesures d’éloignement.
- en fragilisant les fondements même du travail social, ce qui peut altérer la relation de confiance entre les travailleurs sociaux et les personnes en situation de grande précarité, avec le risque de voir les personnes migrantes fuir les procédures et dispositifs sociaux.
- en refusant d’avancer sur la question de l’accès à un titre de séjour pour les dizaines de milliers de personnes qui sont déjà sur le sol français et sur la nécessaire modification du règlement Dublin.

>> Relayons cette prise de position afin que les parlementaires puissent agir pour modifier le projet de loi.

Imprimer cette page

Faites un don en ligne